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Articles de Fond Inttranews: Betty Cohen, Presidente de la Fédération Internationale des Traducteurs


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ENGLISH VERSION

Travailleuse et traductrice infatigable, Mme Betty Cohen est connue en tant que Présidente de la Fédération Internationale des Traducteurs (FIT), mais le rôle de la Fédération l'est moins.
Inttranews a voulu en savoir davantage sur les objectifs de la FIT et les obstacles auxquels la Fédération doit faire face, dans la préparation de son XVIIème congrès qui se tiendra à Tampere en Finlande en août 2005.

Inttranews : Depuis quand êtes-vous présidente de la FIT ?

Betty Cohen : Depuis le dernier Congrès triennal de la FIT, en août 2002.

Inttranews : Comment êtes-vous arrivée à ce poste ?

BC : Les membres du Conseil de la FIT sont délégués par leur association nationale. Ils sont élus par le Congrès statutaire qui se réunit tous les trois ans. Une fois élu, le Conseil élit en son sein le Bureau. J'ai ainsi été trésorière de la FIT pendant six ans, soit deux mandats. Je suis aujourd'hui présidente, pour un mandat seulement, car j'ai atteint le maximum de trois mandats au Conseil de la FIT.

Inttranews : S'agit-il d'une fonction à temps plein, ou avez-vous un autre emploi ? Si oui, lequel ?

BC : Non, ce n'est pas une fonction à temps plein et elle est entièrement bénévole. J'ai un emploi. Je viens d'accepter la direction générale des services linguistiques du cabinet comptable PricewaterhouseCoopers à Montréal.

Inttranews : Pouvez-vous décrire une journée " typique " dans la vie de Présidente de la FIT ?

BC : Être président de la FIT, c'est d'abord être disponible, surtout avec le courrier électronique. Ma journée commence par la lecture du courrier électronique que je reçois de mes collègues de la FIT et d'autres personnes. Je réponds immédiatement dans la mesure du possible. J'y consacre environ 30 à 45 minutes très tôt le matin, car cela me permet de répondre aux courriers qui parviennent d'Europe dans la même journée. Je pars ensuite au bureau où je consacre mon temps d'abord et avant tout à mon employeur. À mon retour chez moi en fin de journée, il m'arrive de travailler une heure ou deux sur les dossiers de la FIT, mais je le fais plus volontiers le dimanche, avec un esprit plus frais et reposé. La FIT me prend entre 4 et 8 heures par semaine environ.

Inttranews : Comment voyez-vous le rôle de la FIT dans un monde en pleine (r)évolution ?

BC : La FIT joue essentiellement un rôle de rassembleur. Elle pourrait et voudrait faire davantage, mais elle ne le peut faute de moyens. Cependant elle est un formidable point de rencontre et d'échange et elle peut prendre des uns pour donner aux autres et aider ainsi les associations plus petites à ne pas réinventer la roue, par exemple. En gros, son rôle et d'informer est de transmettre, de façon que les uns puissent profiter de l'expérience des autres.

Elle peut et doit également prendre position et guider ses associations membres dans les questions qui touchent la profession, à savoir les normes de qualité, les outils, le droit d'auteur et bien d'autres sujets encore.

Ce rôle est d'autant plus important dans un monde en pleine évolution ou révolution, car ce monde rétrécit et la traduction y tient une place de plus en plus importante, voire essentielle. Sans nous, peu de choses se feraient dans ce monde et il est grand temps que l'on s'en aperçoive et que l'on donne à la traduction ses lettres de noblesse. Comme je le dis toujours, nous sommes comme l'eau courante, c'est quand cela s'arrête que l'on se rend compte à quel point c'est indispensable. À nous de le faire savoir.

Inttranews : Quels sont les objectifs de la FIT ?

BC : Les objectifs de la FIT sont clairement cités dans ses statuts. Les principaux sont les suivants :

a) de rassembler les associations de traducteurs et de favoriser les échanges et la coopération entre ces associations;

b) de susciter et de favoriser la constitution de telles associations dans les pays où il n'en existe pas encore;

c) d'établir des liens avec d'autres organisations vouées à la traduction ou à d'autres aspects de la communication interlinguistique et interculturelle;

d) en général, de défendre les droits moraux et matériels des traducteurs dans le monde, de faire connaître et apprécier leur profession, d'améliorer leur statut dans la société, et d'éclairer l'opinion publique à l'égard de la traduction considérée comme une science et comme un Art.

Inttranews : Quels sont les principaux obstacles, et comment pensez-vous pouvoir les surmonter ?

BC : Les principaux obstacles sont la distance entre les membres du Conseil et du Bureau, qui rend toute action plus difficile et lente, et surtout, surtout, les moyens financiers. La FIT ne vit que des cotisations de ses membres et son budget est très maigre et suffit à peine à couvrir son fonctionnement et la publication d'un bulletin. Toutes les activités doivent s'autofinancer. Cela est possible lorsqu'il s'agit d'un colloque ou d'un congrès, beaucoup moins lorsque ce sont des projets à plus long terme.

Inttranews : Si vous aviez la possibilité de modifier quelque chose dans le fonctionnement de la Fédération, que feriez-vous ?

BC : J'ai essayé, depuis mon premier mandat à titre de trésorière, d'organiser, de systématiser certaines fonctions de façon à les rendre plus efficaces. Avec l'aide de mes collègues, toutes les fonctions administratives ont été « rationalisées », comme on le dit dans le jargon de la gestion.

Aujourd'hui, étant donné les moyens dont elle dispose, la FIT a tout intérêt à s'appuyer sur les nouvelles technologies et sur l'Internet pour établir les liens avec et entre ses associations membres. L'avenir est dans la technologie et elle adopte petit à petit de nouvelles façons de faire, sans oublier cependant que certaines de ses associations membres sont moins nanties que d'autres et que l'accès aux technologies est inégal d'un pays à l'autre.

Inttranews : A votre avis, quelles ont été les évolutions bénéfiques pour les traducteurs depuis votre accession à la présidence ?

BC : Mon accession à la présidence n'est pas assez ancienne pour que les choses aient changé à ce point. Mais il est évident, depuis les dix à quinze dernières années, que la technologie nous sert de plus en plus. Les outils d'aide à la traduction, l'Internet, source intarissable de documentation au bout de nos doigts, la mondialisation, etc. sont autant d'évolutions bénéfiques pour les traducteurs… à condition de savoir s'en servir. Car ce sont des lames à double tranchant.

Inttranews : A l'inverse, quelles ont été les détériorations dans les conditions de travail des traducteurs ces dernières années ?

BC : L'autre tranchant, justement! Avec la technologie est venue la rapidité d'exécution, donc une plus grande exigence de la part des clients. Les mémoires de traduction ont créé une nouvelle forme d'exploitation des traducteurs par des agences sans scrupules. La mondialisation crée une nouvelle concurrence. Tous ces facteurs et d'autres sont un réel danger pour le professionnalisme et, surtout, pour la qualité des prestations. D'où la nécessité pour les traducteurs d'unir leurs forces dans des organismes comme la FIT, capable d'agir à l'échelle internationale parce qu'elle est reconnue par les autres organismes internationaux.

Inttranews : Comme dans d'autres secteurs d'activité, il existe un mouvement grandissant d'associations " alternatives " de jeunes interprètes et traducteurs, à la recherche d'un monde plus équitable. La FIT peut-elle prendre en compte leurs aspirations et y répondre ?

BC : Certainement si elles s'adressent à elle. Mais il faut pour cela que la FIT prenne résolument le virage du XXIe siècle et qu'elle soit plus proactive, ce qu'elle s'efforce de faire avec les moyens dont elle dispose. Nous avançons lentement mais sûrement.

J'aimerais, personnellement, que ces jeunes associations se joignent à la FIT, car elles lui apporteraient un renouveau qui lui serait très bénéfique.

Inttranews : Chaque année, des interprètes et traducteurs sont pris à part par les autorités de leurs pays, simplement pour avoir exercé leur métier. La FIT doit-elle et peut-elle prendre position dans ces cas ?

BC : La FIT n'a pas le pouvoir d'intervenir dans les pays concernés, mais elle apporte toujours son aide là où elle le peut, notamment quand une association membre est concernée. Là nous conseillons et appuyons l'action. Nous intervenons dans toute la mesure du possible.

Inttranews : Il existe une disparité importante entre les normes de qualité et de certification adoptées par les associations d'interprètes et de traducteurs : que fait la FIT pour les harmoniser ?

BC : C'est l'un des projets qui me tiennent à coeur. Nous allons, au prochain congrès mondial à Tampere (Finlande) en août prochain, consacrer une série d'ateliers aux normes de qualité et explorer ce qui se fait dans le monde. La FIT n'a pas le pouvoir d'imposer, mais elle peut établir des normes sur lesquelles les associations membres pourront se baser quand elles établiront les leurs. Si nous parvenons à publier les « normes FIT », je suis persuadée que les autres organismes nationaux et internationaux s'y référeront sans chercher à en créer d'autres. L'harmonie viendra avec le temps.

Inttranews : De même, il existe des divergences très larges entre les droits d'auteur obtenus par les traducteurs. Quel est le rôle et le poids de la FIT dans leur harmonisation ?

BC : La FIT représente les traducteurs auprès des organismes mondiaux de défense des droits d'auteurs comme l'OMPI. Elle fait entendre sa voix. Elle renseigne aussi le plus possible ses associations membres sur les questions de droits d'auteurs à l'occasion de ses colloques et congrès. Mais il reste que le droit d'auteur est inscrit dans les lois de certains pays, notamment les signataires des conventions sur le droit d'auteur, et qu'il revient par conséquent à chaque association de vérifier les lois de son pays et de s'en prévaloir.

Inttranews : Face à la montée en puissance des logiciels et mémoires de traduction et autres systèmes informatisés, comment voyez-vous l'avenir pour les traducteurs ?

BC : Les logiciels et mémoires sont des outils et doivent le rester et rester au service du traducteur. Malheureusement, ils lui échappent trop souvent au profit d'entreprises qui s'en servent ensuite pour l'exploiter. Il faut absolument que les traducteurs apprivoisent ces outils, qu'ils les maîtrisent non seulement sur le plan de l'utilisation, mais aussi et surtout sur le plan de leur utilisation commerciale. Nous avons, pour la première fois de l'Histoire, la possibilité d'augmenter notre rentabilité, à nous d'en profiter pour nous-mêmes, pas pour nos clients. Avez-vous déjà vu une entreprise transmettre ses économies à sa clientèle? Non. Elle accroît ses profits. Cela est valable pour une multinationale autant que pour une entreprise individuelle.

L'avenir sera meilleur si les traducteurs deviennent de réels entrepreneurs et reconnaissent eux-mêmes leur valeur dans la société et l'économie de leur pays. Le reste suivra.

Inttranews : Quelles sont les parades possibles pour les traducteurs vis-à-vis de ces évolutions ?

BC : LA parade possible est de se réunir et de lutter ensemble en sachant que le bien de l'ensemble rejaillit sur le sien propre. Ce n'est que par une action collective que les traducteurs pourront éviter le mauvais tranchant de la lame dont je parlais toute à l'heure. Les associations sont là pour ça. C'est leur tout premier rôle.

Inttranews : Étant donné l'importance culturelle, économique et par conséquent politique de la traduction, estimez-vous que les États soutiennent suffisamment leurs traducteurs et interprètes ?

BC : Non. Pas du tout. Pour les soutenir, il faudrait que tous les États reconnaissent la traduction comme une profession à part entière avec tous les droits et devoirs que cela comporte. Je dis bien « devoirs », car nous avons en retour une responsabilité professionnelle et déontologique.

Inttranews : Si vous aviez la possibilité de changer quelque chose dans le monde de la traduction, que feriez-vous ?

BC : Je travaillerai essentiellement à faire reconnaître la profession, justement. Par les autorités d'une part et par le public d'autre part. Je pense sincèrement que ce n'est que lorsque notre profession aura été reconnue comme une véritable profession libérale dans le monde entier et qu'elle aura les moyens de faire comprendre son importance au grand public qu'elle pourra enfin respirer.

Pour cela, elle doit travailler sur les autres, mais aussi sur elle-même. Elle doit se donner des normes, une déontologie et surtout, surtout, être fière d'elle-même. Tout est une question d'image et de confiance en soi.



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