"Un'altra lingua perde il suo
carattere e muore nella vostra,
quando la vostra nel riceverla
perde il carattere suo proprio,
benché non violi le sue regole
grammaticali"
(Giacomo Leopardi)
La plus grande ambition du cinéma muet était
de se servir du langage naturel pour communiquer ses messages et d'utiliser un
langage cinématographique pur, complet et rigoureux qui n'eût pas
besoin d'interventions externes pour être compris. Le caractère
essentiel de ce langage devait être son universalité ; il devait
être la solution pour contourner l'obstacle de la diversité des
langues nationales. En d'autres termes, il devait réaliser le rêve
ancien d'un"espéranto visuel" ;il devait être le meilleur moyen pour les peuples de se parler.
Depuis le jour où le cinéma a commencé
à "parler", l'importance d'avoir un texte clair et
compréhensible pour le public est devenu une réalité et la
nécessité de traduire ce texte un must. En d'autres
termes, il a paru tout de suite évident qu'une sorte de transposition
des films de la langue de départ à la langue d'arrivée
était nécessaire pourque
le spectateur puisse comprendre le contenu du film, au-delà de l'image
:d'où la naissance de la
traduction cinématographique.
Dès le début, les deux techniques
utilisées pour faire passer les films d'une langue à une autre
furent le sous-titrage et le doublage. Dans les deux cas, il
s'agissait d'effectuer une transposition linguistique comportant diverses
implications : le passage d'une structure linguistique à une autre, le
passage d'un code oral à un code écrit ainsi que celui d'une
culture à une autre. Nous comprenons donc les difficultés
auxquelles doivent faire face les traducteurs lorsqu'ils sont obligés
d'appliquer leurs connaissances et leurs pratiques traductives à une
matière aussi complexe dont les composants ne s'adressent pas seulement
à un aspect des capacités perceptives humaines, dans le cas
d'espèce, la vue et louïe, mais incluent également des
aspects verbaux et non verbaux incompréhensibles par une simple
analyselittérale.
Généralement
un des problèmes fondamentauxque pose la traduction d'un texte quelconque (écrit et oral) est
la question de la méthode à utiliser pour faire passer un message
d'une langue à une autre avec un maximum d'efficacité. La
traduction est en effet l'adaptation du message original à une culture
étrangère et elle se donne pour objectif de communiquer des
contenus et des notions et non pas seulement des mots ;la communication implique la volonté
d'émettre un message qui soit partagé par l'émetteur et le
récepteur au-delà de la question de l'équivalence des mots
employés.
L'équivalence traductive entre deux langues ne
correspond pas nécessairement à une équivalence totale du
contenu sémantique étant donné que les langues
diffèrent pour ce qu'elles doivent exprimer et non pour ce qu'elles
peuvent exprimer, comme le soutient Roman Jakobson, l'éminent linguiste
russe
.
Nous concentrerons notre attention sur la technique du
sous-titrage pour analyser de près les difficultés principales
concernant ce type de transposition linguistique dans le cadre du
cinéma.
Au-delà des problèmes techniques et purement
pratiques liés à la réalisation des sous-titres, ce qui
nous intéresse le plus est le travail du traducteur-adaptateur dont la
tâche est de rendre, sous forme écrite, le film accessible au
public en essayant de garder au maximum son contenu et en produisant les mêmes
effets que le texte original.
Facile à dire mais pas à faire. En effet, pour
arriver à ce résultat, il faut surmonter deux difficultés
de base : l'espace restreint dont on dispose (nombre de signes) et le type de
transposition linguistique à effectuer. Cette dernière
opération ne pose pas simplement les problèmes traditionnels
liés au passage d'une langue à une autre ; elle est bien plus
difficile car le traducteur doit opérer une vraie conversion du texte de
la forme orale à la forme écrite. Compte tenu de ce que nous
venons de dire, pour qu'il soit possible d'arriver à un résultat
satisfaisant, il est important de ne pas oublier les aspects qui
caractérisent le langage oral et le langage écrit et, à
partir de cela, opérer les transformations nécessaires pour
transmettre de manière optimale le dialogue original.
Nous pouvons définir les caractéristiques
générales des sous-titres comme suit : concision,
simplicité syntaxique et clarté. Il s'agit d'une sorte de "
traduction ouverte "
car elle n'est pas tout à fait fidèle au texte de départ -
et ceux qui connaissent bien les deux langues employées dans un film
peuvent remarquer les erreurs de traduction bien souvent présentes dans
les sous-titres - et elle est fragmentaire étant donné qu'elle se
borne à reproduire les aspects lexicaux et syntaxiques du dialogue
original, mais sans restituer l'atmosphère ou les variations de sens
données par les voix, les intonations, les accents, etc.En d'autres
termes, loin d'être complètement exhaustifs, les sous-titres
obligent le public à faire constamment référence aux voix
de la bande-son originale, aux variations d'intonations et aux images pour
saisir la signification des mots qui sont imprimés sur l'écran.
Il est souvent impossible d'exprimer sous forme écrite tous les effets
fonctionnels (communicatifs) des composants du langage non verbal. Dans
lœuvre originale le texte parlé est étroitement lié
aux images ; dans la traduction effectuée en vue du sous-titrage, il
faut prendre en compte le fait que les sous-titres doivent correspondre d'un
côté à l'image (scènes, faits et gestes,
communications non verbales) et, de l'autre, à la communication non
verbale (ton de la voix, emphase, etc.). C'est pour cela que le processus de
traduction des sous-titres se base sur les choix que le traducteur-adaptateur
doit effectuer pour décider ce qu'il faut traduire et ce qui peut
être passé sous silence sans risquer de mettre en cause la
compréhension du texte et sans altérer les informations contenues
dans l'original. Evidemment il nexiste pas de règles
avérées qui établissent les stratégies à
suivre pour produire de bons sous-titres ; il faut à chaque fois
s'adapter au contexte ou aux exigences spécifiques du public auquel les
sous-titres sont destinés. Quoi qu'il en soit, il est clair que le type
de traduction à effectuer pour les sous-titres est de nature "
oblique " dans la mesure où il s'agit de passer d'un message
émis sous forme orale dans la langue de départ à un texte
écrit dans la langue d'arrivée.
Sans vouloir confiner la traduction des films dans des
schémas prédéterminés, nous pouvons définir
le processus de création des sous-titres comme le résultat de
trois opérations complémentaires :
1)
traduction
du texte cinématographique et de tous les codes évoqués plus haut, qui
ne se limitent pas aux aspects verbaux du langage ;
2)
conversion
d'un texte
présenté sous une forme orale en un texte présenté
sous une forme écrite ;
3)
adaptation-réduction
du texte
suivant les contraintes techniques imposées par le film.
" La traduction doit être production et non
reproduction " (selon une définition d'Henri Meschonnic),
affirmation qui se révèle encore plus vraie si nous faisons
référence au champ cinématographique. Dans ce contexte
plus que dans d'autres, il est impossible d'opérer un transcodage du
texte d'une langue dans une autre ; on ne peut pas traduire les dialogues
originaux par des équivalents dans la langue d'arrivée. Il est
nécessaire de concentrer tout le pouvoir communicatif des divers codes
utilisés dans le film en quelques lignes, le texte-ciblepuisant toute sa force dans
l'expressivité des mots qui apparaissent sur l'écran. En d'autres
termes, le traducteur-adaptateur est obligé de faire une
sélection sévère des éléments communicatifs
et de choisir le moindre mal en distinguant les éléments textuels
fonctionnels de ceux qui sont accessoires. La restitution du message doit
être le pivot autour duquel tourne le travail du traducteur ; le message
entendu constitue l'unité minimale sur laquelle porte l'opération
traductive. Traduire, dans ce contexte précis, signifie remplacer un
message, ou une partie de celui-ci, énoncé dans une langue
déterminée, par un autre message équivalent
énoncé dans une autre langue et à travers un autre canal, c'est-à-dire
passer du langage oral au langage écrit. Entendue dans ce sens, la
traduction n'équivaut pas au passage direct d'une langue à une
autre, mais à la succession d'étapes consistant " à
comprendre le texte original, à déverbaliser sa forme
linguistique et à exprimer dans une autre langue les idées
comprises et les sentiments ressentis. " (Lederer, La
traduction aujourd'hui, Hachette, Paris, 1994 : 11) Cette
compréhension du sens textuel suppose, de la part du traducteur, une
compétence globale, linguistique et extralinguistique. En outre, la
bonne connaissance de la langue de départ et la maîtrise de celle
d'arrivée, auxquelles s'ajoute un certain savoir encyclopédique,
ouvrent l'accès au sens original. Exprimer ce sens équivaut
à le formuler de la façon la plus pertinente en fonction des
idées communiquées et non des mots prononcés. Le
traducteur est comme un " auteur en second" (Lederer, 1994 : 176) : sa
tâche est celle de garder le sens et l'effet de l'original en adoptant la
même procédure que l' "auteur premier", lequel
construit la phrase de façon à exprimer sa propre pensée
tout en choisissant la forme phrastique la plus adaptée. De la
même manière, donc, le traducteur reproduit le contenu "
à l'identique " en choisissant une autre forme respectant l'usage
de la langue d'arrivée et équivalente à celle de l'original.
Dans le cas du sous-titrage, en particulier, le travail du
traducteur vise la précision des choix lexicaux dans la langue
d'arrivée de manière à exprimer tout ce qui est
derrière le processus communicatif de départ en un minimum
d'espace et de temps, en laissant intacts, autant que faire se peut, la
fonction et l'effet voulus par l'auteur de l'original. Ceci explique la grande
fréquence des traductions littérales dans les sous-titres, qui
doivent non seulement être simples et immédiats pour permettre au
public de lire et de comprendre rapidement, mais aussi être très
riches en signification afin de pouvoir produire l'effet désiré
sur le spectateur qui écoute le film en langue originale.
La première scène du filmLa vita è bella de Roberto Benigni, célèbre
film à la fois dramatique et comique, fournit un exemple de cette
richesse expressive des mots. La voix hors champ introduit l'histoire qui sera
représentée sur l'écran en utilisant des mots simples et
des phrases qui s'enchaînent tout naturellement ; en étant
attentif au ton et au rythme de la voix,le spectateur entend, en italien, la langue originale :
" Cette
histoire est simple et pourtant elle n'est pas facile à raconter. Comme
un conte, elle est douloureuse, et comme un conte, elle est pleine de merveilleux et de bonheur. "
En traduisant cette même phrase dans les sous-titres,
pour rendre lemphase de la voix et pour obtenir dans le minimum d'espace la
totalité de l'effet et de l'impact communicatif que l'incipit du film a sur
le public, le traducteur s'est dirigé vers un choix lexical ciblé
et a rendu par un seul mot tout ce que la voix du narrateur hors champ
véhicule de dit et de non-dit, d'informatif et d'émotif:
Cette histoire est simple.
Pourtant, elle est difficile
À raconter.
Comme un conte,
elle est triste.
Et comme un conte, elle regorge
de merveilles et de bonheur.
Au " pleine " du doublage correspond "
regorge " dans les sous-titres qui, sans altérer le message
de l'original au niveau de la signification, enrichit et charge demphase une
phrase qui, dans sa simplicité, veut transmettre toute l'essence du film
et capte l'attention du public dès le début.
En ce qui concerne la seconde étape dans la
composition des sous-titres, nous savons que la réduction textuelle
imposée dans les limites espace-temps entraîne une contraction
notable du texte original (environ 50-70 %). Naturellement il n'existe pas de
règles fixes qui enferment la liberté du traducteur dans des
schémas rigides ; comme il arrive toujours pour la traduction, tous les
choix varient d'un film à l'autre, d'une histoire à l'autre.
Toutefois, l'expérience et les exigences pratiques nous apprennent que
les répétitions de phrases et de mots qui apparaissent dans le texte
original (sans que le dialogue n'en soit alourdi pour autant) doivent
être coupées dans les sous-titres, car les
répétitions, de même que tout type de redondance, ne
feraient qu'occuper de l'espace inutile sans fournir davantage d'informations nécessaires
à la compréhension de l'histoire.
Un exemple très éloquent figure lui aussi dans
la scène initiale du film La vita è bella, lorsque Guido
et Ferruccio sont dans la voiture et se rendent compte de la panne :
| VERSION ORIGINALE it. |
VERSION SOUS-TITREE fr. |
| FERRUCCIO () |
Oh, si sono rotti i freni! Si sono rotti i freni ! |
Il n'y a plus de freins freins! |
| GUIDO |
Ho capito! |
J'ai compris |
| FERRUCCIO |
Ohnon funziona Guido!Guido |
Ils ne marchent plus |
| GUIDO |
(urla) Gira! Gira! Frena! Frena! |
Freine !
Freine ! |
En outre, même s'ils ne sont pas redondants, sont
éliminés aussi les éléments qui ne sont pas
considérés comme nécessaires à la
compréhension de l'histoire.
Des opérations de ce type sont plutôt
subjectives et présupposent une parfaite connaissance des
mécanismes narratifs du film en question. Il peut arriver, en effet, que
le traducteur se trouve face à des morceaux de texte très denses
et qu'il soit donc obligé d'omettre des parties importantes, voire
indispensables. Pour cette raison, le traducteur doit toujours
considérer le texte du film dans sa totalité avant de passer au
travail de traduction proprement dit de manière à pouvoir
insérer, éventuellement, dans d'autres segments de texte, les
éléments essentiels omis pour les raisons énoncées
ci-dessus, en anticipant ou en retardant la présentation par rapport
à la version originale. Cependant, il reste que le traducteur doit se
confronter avec un type de texte caractérisé par un haut niveau
de contextualisation situationnelle et culturelle et qui est constitué
essentiellement par des dialogues tendant à reproduire des
modèles de langue normalement existants dans la vie quotidienne. Pour
cette raison, lorsqu'il traduit des dialogues en vue du sous-titrage, le
traducteur-adaptateur doit privilégier l'aspect illocutif du texte, en
visant à reproduire les actes linguistiques dans la langue
d'arrivée sur la base d'une analyse attentive des éléments
pragmalinguistiques présents (Bollettieri Bosinelli, R.M., Traduzione
multimediale per il cinema, la televisione e la scena ; 1996 ; CLUEB;
Bologna : 328).
L'autre opération typique du processus de
rédaction des sous-titres est la conversion du canal oral en canal
écrit. Cela porte inévitablement à certaines
considérations d'ordre pratique et à certaines questions tout
à fait légitimes. En effet, si cette conversion est
indéniable d'un point de vue matériel,il est par ailleurs naturel de se demander si la langue des
sous-titres est une langue écrite ou une transcription de la langue parlée ;
en d'autres termes, si le traducteur en affrontant le processus de
rédaction du texte écrit et traduit (le sous-titre) s'est mis
dans la position de celui qui doit respecter les règles et les
paramètres typiques de l'écrit ou si, au contraire, il se permet
de transposer par écrit la langue et les caractéristiques
typiques du langage parlé commun. Le traducteur-adaptateur devrait
reproduire un type de langue qui, bien que n'étant pas
définissable comme transcription du langage parlé, garde de
celui-ci suffisamment de traits caractéristiques pour être
associée à la scène que l'on voit à l'écran.
Dans cet article nous avons tenté de traiter les
aspects et les difficultés relatives à la traduction au
cinéma, en nous intéressant particulièrement aux sous-titres.
Prendre acte de la diversité non seulement des langues mais aussi, et
surtout, des cultures, nous a montré l'importance - pour un traducteur -
de connaître à fond la langue et la matière sur lesquelles
il doit travailler ainsi que le public auquel il s'adresse, sans oublier de
tenir compte de la vision du monde de ce public. Nous en avons déduit,
par conséquent, que, pour qu'il puisse réaliser une bonne
transposition, un traducteur doit posséder de nombreuses qualités
car, dans l'opération traduisante, il n'y a pas que des mots qui sont en
jeu : il s'agit de transférer d'une langue à une autre une grande
quantité d'allusions qui vont au-delà des connaissances et des
équivalences linguistiques. Tout cela, naturellement, est encore plus
vrai quand le domaine à l'intérieur duquel opère le
traducteur est aussi circonscrit et aussi parsemé d'embûches que
celui des sous-titres ; l'habileté du traducteur se mesure à sa
capacité à condenser en peu de lignes le dit et le non-dit,
l'explicite et l'implicite du discours oral.
Le rôle du traducteur dans la création des
sous-titres a été défini comme celui d'un " médiateur
culturel ". Cette
expression apparaît pour la première fois dans l'œuvre de S.
Bochner" The Mediating
Person : Bridges between Cultures " (1981) et le psychologue
australien Taft (ibidem : 53) définit en termes
généraux le rôle du médiateur comme suit :
" A
cultural mediator is a person who facilitates communication, understanding, and
acting between persons or groups who differ with respect to language and
culture. The role of the mediator is performed by interpreting the expressions,
intentions, perceptions and expectations of each cultural group to the other,
that is by establishing and balancing the communication between them. In order
to serve as a link in this sense, the mediator must be able to participate to
some extent in both cultures. Thus a mediator must be to a certain extent
bicultural ".
Selon Taft (ibidem : 73) pour agir comme médiateur
culturel, une personne doit posséderdes connaissances pertinentes à chaque culture :
(a)
connaissance
de la société : l'histoire, le folklore, les traditions, les
valeurs, les interdits, etc. ;
(b)
qualités
de communication : au niveau écrit, oral et non verbal ;
(c)
qualités
techniques : liées au rôle qu'il joue dans sa profession (par
exemple, la connaissance de l'ordinateur et des normes qui régissent son
travail) ;
(d)
qualités
sociales : connaissance des normes qui régissent les relations dans la
société, compétence au niveau émotionnel, etc.
Toujours dans une optique générale, le
médiateur (en tant que figure type)ne doit pas seulement posséder" two skills in one skull " (" deux
capacités dans un seul cerveau " ; ibidem : 53) mais il doit aussi
être prêt à varier sa propre orientation culturelle. Il
devrait donc avoir développé un niveau élevé de
sensibilité interculturelle. Toutes ces caractéristiques sont
celles qu'un bon traducteur devrait posséder :voilà pourquoi Basil Hatim et Ian Mason
sont allés plus loin dans l'analyse de cette notion et dans le chapitre
d'un livre consacré à la problématique de la traduction,
ils ont ajouté que :
" The
translator is first and foremost a mediator between two parties for whom mutual
communication might otherwise be problematic - and this is true of the translators
of patents, contracts, verse or fiction just as much as it is of the
simultaneous interpreter, who can be seen to be mediating in a very direct way
" (The Translator as Mediator, 1990 : 223).
Comme
nous venons de le dire, le traducteur doit avant tout avoir une vision
biculturelle ; sa tâche consiste à identifier et à
résoudre les disparités entre le signe et la valeur entre les
cultures. Il doit, en outre, être un lecteur critique,
c'est-à-dire un lecteur attentif du texte dans la langue de
départ ; comme il a la possibilité de lire le texte avant de le
traduire, il a le pouvoir d'aider le lecteur en rédigeant à son
intention un texte clair.
A la lumière de ces idées, notre
traducteur-adaptateur devra donc utiliser toutes les ressources qu'il
possède pour rendre son travail efficace en termes de
compréhension et conforme aux exigences du canal de transmission en
question, le cinéma, dont l'accès doit être permis à
un public très hétérogène. Cependant, s'il est vrai
que le traducteur est toujours capable de trouver une solution satisfaisante
aux problèmes traductifs auxquels il est confronté, la traduction
en vue du sous-titrage n'arrive pas toujours à transmettre au public
récepteur le même esprit et les mêmes intentions que la
version originale. Un exemple très éloquent est le film La
vita è bella de Roberto Benigni. La version originale et la version
sous-titrée sont sans commune mesure. Le texte imprimé sur le
grand écran ne pourra jamais reproduire la charge émotionnelle
qui anime tout le film, les variations de ton et les gestes qui constituent le
support aux dialogues des acteurs ni l'accent dans la langue de départ.
Bien qu'ils ne soient pas toujours indispensables pour la compréhension,
tous ces détails sont les composants essentiels d'un film.
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