L'Emprunt dans la traduction
By
Salawu Adewuni, Ph.D.
Department of European Studies,
University of Ibadan, Ibadan,
Oyo State, Nigeria
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Résumé
La
langue et la traduction sont des éléments
importants qui animent la vie des différentes
sociétés humaines. Elles sont intimement
liées, évolutives et ont pour domaines
communs la communication, l'échange d'idées,
la diffusion et le brassage des cultures. Aussi,
faut-il le souligner, la langue est le moteur de
la traduction puisque sans elle la traduction n'a
pas de valeur. Aujourd'hui, l'intensification des
contacts entre les différents peuples pour
des raisons économiques, politiques, techniques,
scientifiques, sociales et culturelles a favorisé
l'essor des langues, de la traduction et d'un autre
phénomène linguistique, l'emprunt.
Cet emprunt est plus prononcé avec la poussée
technologique, et des nouvelles inventions indispensables
aux pays technologiquement moins avancés.
L'anglais, évoluant au même rythme
que la technologie américaine, a de nouveaux
mots correspondant à la nouvelle technologie.
Le yoruba, en important la nouvelle technologie,
emprunte les nouveaux mots, les adopte et les adapte
à sa structure linguistique. De nos jours,
c'est le niveau technologique qui dicte le volume
de mots à emprunter. Plus on est technologiquement
avancé, moins on importe de mots.
Abstract
Language and translation are
important elements that animate the life of different
societies. They are linked, evolving, and are both
closely associated with the concepts of communication,
exchange of ideas, diffusion and interaction of
cultures. There is no translation without language.
The increase in contacts among peoples for economic,
political, technical, scientific, social or cultural
reasons, has helped in the evolution of languages,
translation and has encouraged loanwords. Loaning
of words is more pronounced with the advancement
of technology and new inventions indispensable for
less technologically developed countries. The English
language, reflecting American technology, possesses
new words corresponding to the new technology. The
Yoruba, while importing the new technology, borrows
new words, adopts and adapts them to the linguistic
structure of the Yoruba language. The Yoruba language
is more disposed to borrow from the English language
because Yoruba speakers import most technology from
America. Today, it is the level of technology that
dictates the volume of words to be borrowed. The
more you are advanced technologically, the less
you borrow words.
Introduction
Tout en servant
de moyen d'expression et de diffusion de culture,
la langue est vivante. Elle évolue. Cette évolution
est due aux contacts entre les peuples, que ce soit
pour des raisons de commerce, de religion, de paix,
de guerre ou même d'invasion. Les contacts ont
rapproché les hommes et par conséquent
les cultures. Une des conséquences immédiates
de ce rapprochement des cultures est une fusion progressive
de la façon de percevoir le monde. Ainsi nos
philosophies de la vie se rapprochent. Désormais
on voit sous le même angle. Des langues différentes
ont recours aux mêmes mots ou à leurs
correspondants pour désigner les mêmes
réalités. Parfois, la communication
en est facilitée. La vitesse de ce rapprochement
est plus grande dans le domaine de la technologie.
Parlant du rapprochement des peuples par les contacts,
G. Mounin, cité par Roger Roothaer, dans
Language, Thought and Translation estime
que:
A partir du XVIIIe siècle, chaque
traduction du russe, chaque voyage, chaque récit
de voyage ajoute une situation commune entre le
russe et le français, chaque contact éclairant
les suivants, jusqu'à la vogue de Tourgueniev,
de Tolstoï et de Dostoïevski, laquelle
étend ces contacts à des millions
de lecteurs français, diminuant à
chaque fois l'écart entre les situations.1
Dans ce travail notre démarche sera analytique
et progressive. Toutefois l'accent sera beaucoup
mis sur l'aspect écrit de la langue afin
que le lecteur puisse mieux cerner la quintessence
de nos investigations.
La langue
La langue exprimant la pensée est considérée
comme le véhicule de la culture, car c'est
elle qui nous permet d'entrer en contact, de découvrir
toutes les richesses du patrimoine culturel d'un
groupe ethnique, d'un peuple ou d'une nation. C'est
en Afrique que l'on observe la plus forte concentration
de langues, avec au moins 250 au Nigéria.
Ike S. Ndolo dans "The Case for Promoting the Nigerian
Pidgin Language" note que :
The number of different languages in Africa has
been estimated to range from 800 to more than 1200.
Nigeria accounts for as many as 250, unevenly distributed
in terms of geographical areas and speakers.2
L'Afrique à elle seule compte au moins
1200 langues. Pour l'ensemble de la planète,
les estimations varient entre 4 000 et 6 000
langues, ce qui permet de penser par conséquent
d'estimer qu'il existe entre 4 000 et 6 000
cultures dans le monde, puisqu'à une langue
on associe une culture.
Il convient de noter que les frontières
entre les langues sont naturelles, indiscutables
entre les hommes, plus enracinées et mieux
reconnues que les frontières artificielles
créées arbitrairement pour des raisons
politiques. Pour Jacques Goetschalckx :
Dans le monde actuel, marqué par le principe
des nationalités, la langue est devenue synonyme
d'identité politique, d'autonomie, de liberté.3
Ainsi, la langue constitue une référence,
un facteur d'union, d'identification, de fraternité
entre les membres d'un même groupe social
qui se la partagent. En paraphrasant Graham Davis,
S. Ndolo a dit que :
...a people without a language of its own is half
a nation..... [the language] is a source barrier,
a more important frontier than fortress or river.4
En servant de frontière entre les peuples,
les langues nous montrent que nous nous identifions
mieux par la culture que par tout autre chose. Ainsi
dit, la langue en tant que partie de la culture,
véhicule de cette même culture, a toujours
transmis la culture. À l'appui de notre thèse,
citons The New Encyclopaedia Britannica (vol.
10, 15th ed.) :
If language is transmitted as part of culture, it
is no less true that culture as a whole is transmitted
very largely through language, insofar as it is
explicitly taught.5
Le phénomène d'emprunt
Quelles
que soient les causes de l'adoption des mots étrangers
par une langue, cette adoption est toujours une
résultante des contacts entre les peuples.
Causes lointaines des emprunts
Ce n'est pas par choix qu'aujourd'hui le français
est parlé en France. On sait que la langue
autrefois parlée en France est le gaulois
ou le celtique. Mais c'est sous l'influence forcée
des Romains que l'on a aujourd'hui une langue française
composée de mots latins.
De son côté, l'Afrique n'a pas échappé
aux multiples influences étrangères.
En effet, elle aussi a eu des contacts de différents
ordres. Ces rencontres ont beaucoup marqué
ses peuples, sa culture et en conséquence
ses langues. Bien avant l'indépendance, ces
contacts étaient motivés par des raisons
religieuses ou par des raisons économiques
ou culturelles.
L'islamisation de la plupart des états africains,
du moins des états sub-sahéliens,
a imposé aux langues africaines des mots
arabes. Des mots comme Allah, Alau Akbar, Walai,
sont couramment utilisés par les écrivains
africains d'expression française. En adoptant
l'Islam, l'Afrique a assimilé des mots nouveaux
qui désormais font partie de son dictionnaire.
C'est ce que souligne Colin M. Turnbull :
The languages of Africa, in their sharing of fundamental
features underlying a complexity of origin and in
their real differentiation, agree in general fashion
with other aspects of African culture. So, too,
the long-continued and persistent Moslem influences,
which have to a high degree shaped the life patterns
of Negro peoples in the entire Sudan and much of
East Africa and even farther South, find their reflection
in numerous loan words of ultimate Arabic origin,
even among non-Moslem peoples. What, then, of the
European influences of the last several centuries
which have transformed so many aspects of African
life? The effects of these events on the linguistic
life of Africa would probably have to be judged
as relatively small, compared with that of Arabic.6
L'histoire nous a aussi appris que le maïs,
le manioc, la patate douce, le coton sont importés
du Nouveau Monde, une nouvelle réalité
qui aboutit à l'emprunt ou à la création
de nouveaux mots dans les langues africaines pour
désigner ces réalités nouvelles.
Ce phénomène d'emprunt est plus notoire
avec la poussée de la technologie. Le développement
technologique des grandes puissances occidentales,
notamment les États-Unis d'Amérique,
et l'apparition des nouveaux concepts techniques
ont fait de l'anglais une langue très enrichie
de nouveaux mots techniques, ce qui stimule l'emprunt
par les autres langues. Ces emprunts ont été
encouragés par des contacts. Les lignes qui
suivent, extraites de The New Encyclopaedia Britannica,
(vol. 10, 15th ed.), révèlent
que :
Loan words are words taken into a language from
another language....Most obviously, this occurs
when new things come into speakers' experiences
as the result of contacts with speakers of other
languages. This is part of the history of every
language...7
Ian F. Finlay de son coté pense que:
There are no really pure languages, all containing
a greater or lesser number of words which have been
borrowed from other languages, with or without complete
formal assimilation, not necessarily with a complete
transfer of the original meaning.8
Causes récentes des emprunts
Grâce à la poussée des inventions
scientifiques, la communication entre les différentes
parties de monde s'est développée
à une allure vertigineuse. Il est devenu
possible de franchir des milliers de kilomètres
en quelques heures. Le commerce est devenu libre.
Désormais, on achète où on
veut, quand on le veut, une fois réunis les
critères rattachés aux conditions
d'achats. Lorsqu'on ne produit pas, on est obligé
d'acheter. Les pays en voie de développement
dépendent en grande partie de la technologie
occidentale, en particulier des États-Unis.
L'internet et le courrier électronique ont
apporté leur contribution au réseau
de communication. En moins d'une minute, on peut
envoyer un message électronique à
des milliers de kilomètres. Robert Rooke
affirme à ce propos:
Today, it is possible to carry in one's briefcase
a more powerful computer costing only a few hundred
pounds capable of transmitting data from virtually
anywhere in the world...9
Dans l'espace, des satellites aident à
augmenter encore la vitesse des communications,
comme l'explique D.W.F. Mederaft :
In less than twenty years we have built a complex
web of relay stations in the sky encircling the
globe and providing ever-greater communications
capacity to virtually every country in the world.
Satellites are individually expensive, but their
large capacity to carry telephone traffic can be
shared between thousands of simultaneous users,...10
L'ordinateur, l'internet, l'invention des avions
rapides très sophistiqués et les autres
innovations technologiques ont rendu la communication
plus sûre et plus rapide. Cela a pour conséquence
logique le rapprochement des hommes. Dans la majorité
de ces domaines c'est désormais la technologie
américaine qui domine. C'est donc sa culture,
voire sa langue, qui sont devenues, directement
ou indirectement, la culture et la langue de la
technologie. En important la technologie des États-Unis,
on importe aussi leur culture et par conséquent
leur langue qui est l'anglais. À présent,
il n'y a pas un seul pays en voie de développement
qui ne dépende de la technologie américaine.
Lorsque deux ou plusieurs langues sont en contact,
certains éléments de l'une s'imposent
à l'autre. La faiblesse de la langue d'un
peuple par rapport à la langue d'un autre
peuple reflète la dépendance politique,
technique ou économique de ce peuple
Jacques Goetschalkx dans Traduction et acculturation
affirme que:
Dans le monde technico-scientifique cependant il
faut reconnaître que, depuis la fin de la
seconde guerre mondiale, l'anglais et l'américain
sont à considérer comme étant
un vecteur privilégié de la communication
entre experts de tous les pays.11
Prenons l'exemple du yoruba ou du français
par rapport à l'anglais. Les Yorubas dépendent
technologiquement des puissances occidentales, des
Américains surtout, pour le fonctionnement
de leur économie. En raison de la dépendance
technologique envers les Américains, le développement
de la langue yoruba en termes technologiques dépend
de la langue anglaise qui véhicule cette
technologie. En d'autres termes, il y a eu des inventions
en Amérique et, à ces inventions,
on a donné des noms qui n'ont pas de correspondants
dans la langue yoruba. Si les Yorubas trouvent indispensable
la technologie américaine, il sont obligés
de l'importer. En important la technologie américaine,
le yoruba est obligé d'importer des noms
qui y sont associés ou de créer des
mots nouveaux pour représenter ces nouvelles
réalités
La langue yoruba en adoptant et adaptant la réalité
étrangère, présente deux possibilités
pour le nom qui va y être attaché.
Dans le premier cas, l'innovation est acceptée
puisqu'elle satisfait un besoin, mais on lui attache
un nom lié soit à la forme soit à
l'utilité de cette innovation. Par exemple :
L'ordinateur = Computer, se traduit par 'Ẹrọ
Ayara bi asa' en yoruba.
Ẹrọ
= machine, Ayara = rapide, Bi = comme,
Asa = Épervier.
L'ordinateur est en yoruba la machine qui est aussi
rapide que l'épervier.
Télévision = 'Ẹrọ amu
owun ma aworan' en yoruba.
Ẹrọ
= machine, Amu = qui combine, Owun
= voix, Ma = avec, Aworan = photo.
Donc la télévision est en yoruba la
machine qui combine la voix à la photo.
Train = Ọkọ oju irin
Ọkọ
= voiture, Oju = sur, Irin = fer.
Le train est la voiture qui roule sur le fer. De
même, Avion = plane et bateau = ship, sont
traduits respectivement en yoruba par Ọkọ
oju ofurufu et Ọkọ oju
omi. Ce sont des voitures roulant dans l'espace
et dans l'eau.
La seconde forme emprunte les mots français,
anglais autres, mais adapte le mot en le déformant
pour répondre aux exigences phonétiques
de la langue yoruba Cette forme d'emprunt adopté
par le yoruba s'observe également dans l'histoire
avec les premiers contacts entre les Yorubas et
les Arabes, et entre les Yorubas et les missionnaires
chrétiens. Les mots chrétiens et musulmans
empruntés sont trop nombreux pour être
énumérés. En voici néanmoins
quelques uns.
| Mohammad |
= |
Mònmóòdú |
| John/Jean |
= |
Jóònú |
| Esther |
= |
Jóònú |
| Mosque |
= |
Ęsita |
| Kuran |
= |
àlùkùránì |
Les emprunts comme Sóòsi, apóstóli,
bisóòbú, baibú,
angeli, Lúúkù,
Póòlù qui désignent
respectivement church, apostle, bishop, bible,
angel, Luke, Paul sont inévitables puisqu'ils
relèvent de l'acceptation d'une nouvelle
foi qui est le christianisme.
Les emprunts qui sont nés de l'importation
des innovations technologiques occidentales sont
aussi importants que la dépendance technologique
yoruba vis-à-vis de l'Occident. Olu Owolabi
et al. ont fait une étude en rapport
dans leur livre Ijinle Ede ati Litireso Yoruba,
où ils ont recueilli les mots empruntés
par la langue yoruba. Même si la liste n'en
est pas exhaustive, elle constitue une première
étape intéressante.12 Voici
quelques exemples de mots relevant de la technologie
occidentale :
| góòmù |
= |
gum |
|
| osibitu |
= |
hospital |
|
| páànù |
= |
pan |
|
| fáànù |
= |
fan |
|
| gilóòbù |
= |
globe |
|
| búlúù |
= |
blue |
|
| telefóònù |
= |
telephone |
|
| búlóòkù |
= |
block |
|
| bómbù |
= |
bomb |
|
| sùkúù |
= |
school |
|
| kóòtù |
= |
court |
|
| unifáàsiti |
= |
university |
|
| giláàsi |
= |
glass |
|
| lentiriki |
= |
electricity |
|
| iméèli |
= |
email |
|
| móbi |
= |
mobile |
|
| biléèdi |
= |
blade |
|
| báànki |
= |
bank |
|
| fíríì |
= |
free |
|
| bíríkì |
= |
brick |
|
| síléètì |
= |
slate |
|
| láàtà |
= |
lantern |
|
| móòto |
= |
motor |
|
| ráàdio |
= |
radio |
|
| litireso |
= |
literature |
|
Les mots yoruba empruntés du français
ou de l'anglais subissent des transformations inévitables,
dictées par la structure linguistique yoruba.
Par exemple, tous les mots yoruba se terminent par
une voyelle et deux consonnes ne peuvent se suivre.
Pour cette raison, le yoruba, en empruntant le mot
français ou anglais, rajoute des voyelles
pour séparer les consonnes ou compléter
le mot.
Ces emprunts ne pourront être arrêtés
qu'avec un effort technologique purement yoruba
qui va limiter l'importation des innovations technologiques
occidentales. Les problèmes immédiats
qu'affrontent l'Afrique rendent cet effort peu réalisable.
Les contacts de différents ordres et les
poussées technologiques ont enrichi les langues.
La richesse de l'anglais dans le domaine technologique
a fait de cette langue la langue de la technologie
et la langue source de très nombreux emprunts
par les autres langues. Un autre phénomène
est celui de l'apparition de nouveaux mots, créés
pour répondre aux nouvelles réalités.
Le traducteur joue un rôle incontestable dans
cette voie en officialisant les emprunts ou les
créations terminologiques de la langue d'arrivée
qu'il constate dans les domaines techniques, et
parfois en créant un nouveau mot répondant
à son besoin. C'est justement ce que laisse
entendre Ian F. Finlay quand il écrit:
It should also not be forgotten that translators
are often responsible for introducing new terms
into languages, since it is very often they who
are first confronted with the need to do so, for
example, when finding a word in a language to express
a hitherto unknown concept. This need will obviously
arise frequently in the lesser known languages in
technical or scientific fields. It should also not
be forgotten that words find their way into dictionaries
after they have been in use for quite a considerable
time.13
Directement ou indirectement, le traducteur participe
de manière indispensable à la mise
au point des nouveaux dictionnaires. Comme le souligne
Ian F. Finlay :
... many dictionaries and glossaries have in fact
been prepared by translators as a result of the
accumulation of their knowledge of a given specialized
field in various languages in the course of their
work over the years.14
La Traduction
Qu'elle soit scientifique ou non, la traduction
est avant tout un art au service du progrès
de l'humanité. Au cours de la traduction,
le traducteur utilise la langue et les emprunts
pour remplir la fonction principale de sa discipline
à savoir la communication et la diffusion
des cultures. La langue et la traduction sont deux
notions intimement liées. Leur enrichissement
ou leur évolution est en partie liée
aux contacts des peuples, contacts ayant pour corollaire
l'adoption des emprunts. Il convient de rappeler
que la langue a commencé avec son aspect
parlé, l'écrit ayant suivi des milliers
d'années plus tard. Dans les débuts,
notre planète comptait peu d'habitants et
leurs contacts n'étaient pas fréquents.
Pendant cette période, la traduction n'avait
pas sa place dans la société, mais
les contacts entre les peuples se sont accentués
au fil du temps. Peu à peu, les cultures
se sont rapprochées, ce qui a favorisé
le rapprochement des langues.
La création des nouveaux mots due à
des nouvelles réalités technologiques,
et l'utilisation des mêmes mots pour désigner
les mêmes réalités dans la langue
d'arrivée, ont facilité l'utilisation
de programmes de traduction ou d'aide à la
traduction. L'automation en traduction n'est valable
que dans les traductions technologiques où
les structures linguistiques sont simples. La traduction
des textes littéraires nécessiterait
un travail humain supplémentaire. Pour se
faire, Jiri Elman dans "Utilisation des ordinateurs
dans la traduction" publiée en 1980,
pense que :
Les ordinateurs peuvent rendre des services importants
à la linguistique. Leur utilisation pourrait
créer de nouvelles conditions pour les travaux
linguistiques. Plus nous réussirons à
formuler des règles générales
pour une traduction parfaite, plus nous serons capables
de profiter du service des ordinateurs dans le domaine
de la traduction mécanique. Même si
nous réussissons à automatiser la
traduction des textes techniques et quelques textes
publicitaires, la traduction mécanique des
textes littéraires de stylistique diverses
est cependant, à mon avis, un problème
d'un avenir très éloigné, sinon
un problème presque utopique.15
Conclusion
En conclusion, on voit que la langue est un incontournable
moyen de communication. Elle est vivante et évolue.
Les progrès réalisés dans les
domaines scientifiques et technologiques ont facilité
les contacts entre les hommes et permis le rapprochement
des peuples. Ces divers contacts, ces rapprochements
entraînent ipso facto le rapprochement
des cultures et des langues. Les progrès
scientifiques et technologiques ont engendré
la création de nouveaux mots et la prolifération
des emprunts dans la plupart des langues. Ces mots
nouveaux ou emprunts peuvent accélérer
la tâche de la traduction. Il importe de retenir
que l'emprunt se fait toujours de la langue la plus
forte, c'est-à-dire influente par sa richesse
culturelle, ici technologique, vers les langues
qui dépendent technologiquement des langues
dites fortes. L'emprunt, en éliminant l'obligation
de traduire les termes liés à des
nouveaux concepts, facilite la communication et
enrichit la langue.
Notes:
1.
G. Mounin Cité par Roothaer, R. "Language,
Thought and Translation", in Babel, No.3-4/1978,
vol.xxiv, p.131.
2.
Ndolo, I.S. "The Case for Promoting the Nigerian
Pidgin Language" in the Journal of Modern African
Studies, vol. 27, No. 4, p. 679.
3.
Goetschalckx, J. "Traduction et acculturation" in
Babel, No.1/1980, vol.xxvi, p.11.
4.
Davis, G. Cité par Ike S. Ndolo in The
Journal of Modern African Studies, No.3, vol.
28, Cambridge University Press, p.679.
5.
The New Encyclopaedia Britannica, vol. 10, 15ed,
Chicago 1973-1974, p.655.
6.
Turnbull, C. M. The Lonely African, A
Touchstone Book, Published by Simon and Schuster,
1962, p.25
7.
The New Encyclopaedia Britannica, vol. 10,
15ed, Chicago 1973-1974, p.652.
8.
Finlay, I. F. Translating, The English Universities
Press Limited, 1971, Edinburgh, p.116.
9.
Rooke, R. "Electronic mail" in Translation and
communication ed. by Catriona Picken, Aslib
and Contributors, 1985, London, p.105.
10.
Mederaft, D.W.F. "Internation telecommunications"
in Translation and Communication ed. by Catriona
Picken, Aslib and Contributors, 1985, London, p.34.
11.
Goetschalckx, J. Traduction et acculturation,
in Babel, No.1/1980, vol.xxvi, p.11.
12.
Olu Owolabi, Taiwo Olunlade, Bayo Aderanti; Afolabi,
O. et al., Ijinle Ede ati Litireso Yoruba,
Iwe kiini, Evans Brothers (Nigerian Publishers)
Ltd, 1986, pp. 90-94.
13.
Finlay, I. F. Translating, Teach Yourself
Books, London, 1971, p.56.
14.
Ibid., p.56
15.
Elman, J. "Utilisation des ordinateurs dans la traduction",
Babel, No.4/1980, vol.xxvi, p.212.
References
Weber, J. S. et al. From Homer to Joyce.
A Study guide to thirty-six great books, Henry
Holt and Company, New York, 1959.
Landar, H. Language and culture, New York,
Oxford University Press, 1966.
Schramm, W. et al. Communication and change"
The last ten years and the next, The University
Press of Hawaii, Honolulu, 1976.
Snell, B. M. Translating and the computer,
Company-Amsterdam. New York.Oxford, 1978.
Picken, C. Translation and communicatio,
Aslib, London, 1984.
Picken, C. The Translators handbook, Aslib,
London, 1983.
Penland, P. R. Communication science and technology,
Marcel Dekker, Inc., New York, 1974.
Articles
Babel,
No1,2,3,4/1974, vol.xx
Babel,
No1,2,3,4/1979, vol.xxv
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